samedi 30 mars 2013

Comment l’amour de la lecture peut nuire à la santé...


Il parait invraisemblable de soutenir un tel argument, n’est-ce pas ? 

Pourtant je le puis aisément, croyez-moi. Je vais vous relater une histoire qui l’est survenue tout récemment. Elle est véridique.

Si je vous disais que cogner de tête contre une poutre peut vous donner mal au pied, vous ne me croiriez pas non plus. Et je le conçois aisément !

Mais, je constate que je prends cette histoire par le mauvais bout. 

Commencer par la fin rend les choses bien moins compréhensibles. Pourtant, il s’agit d’une licence artistique. Le flashback existant en tout art narratif, pourquoi les blogs y échapperaient-ils ? Même si on peut avancer que le blog n'est pas un art en soi.

Inutile de revenir à ma naissance et dérouler tout le fil insipide de ma vie. Disons tout simplement que voici près de 25 ans, j’ai créé une association pour la préservation des monuments de ma commune d’origine.

Au bout de 19 ans, mes objectifs étant atteint, j’ai laissé la main à une équipe dynamique qui s’était constituée au fil des ans.

Parmi les nombreuses façons de faire des recettes en trésorerie, tout en permettant au village de vivre, même au cœur de l’hiver, figurait une traditionnelle pulenta (voir lien et photo).


Pulenta avec du brocciu

Samedi 23 mars, je suis donc monté pour déguster la pulenta, et il était convenu que je dormirais, avec mon épouse, non pas dans ma maison non chauffée depuis des mois, mais chez mon oncle, dans la chambre en sous-pente. Ceci parce qu’il ne m’arrive jamais de me limiter à deux verres de vin, mais plutôt à quatre ou cinq, avec un tel menu.

Tout se passe bien : nous mangeons bien, nous rions et nous rentrons nous coucher. Comme d’hab’, avant de me coucher, je lis, d’autant que je suis un couche-tard chronique. 

Je chope Les fables de la Fontaine, une édition de 1923, dans la bibliothèque de mon oncle. On n’est jamais déçu par La Fontaine. On découvre toujours des petits détails supplémentaires, d’autant que cette édition comporte les sources détaillées pour chaque fable.



L'avare qui a perdu son trésor
(illustration de Gustave Doré)


Puis, le sommeil me gagne. Je pose le bouquin et mes lunettes sur la table de nuit. Pas moyen de m’endormir.


Pour une raison inconnue, ce soir, mon épouse s’est couchée à droite et m’a laissé à gauche. Or, je ne peux dormir sur le flanc gauche. Nous reprenons notre façon habituelle de dormir et je me trouve aussitôt dans les bras de Morphée.


Seulement, la chaleur montant de la salle à manger et de sa cheminée me donne chaud. Ma tante a fait fort dans les couvertures.


En attendant de retrouver une température normale, je me dis que je vais lire un peu. Je me lève et vais chercher le livre resté sur l’autre table de nuit. Je me penche vers le livre.


“Attention à la poutre !”, me dit mon épouse.

Dans la microseconde qui suit je me retrouve sur le carrelage, sans savoir comment je suis arrivé là, et sans me rappeler d’avoir cogné si violemment dans la poutre.

Je n’ai pas la moindre douleur à la tête, mais par contre, j’ai mal à la cheville gauche. Je ne comprends pas. Je ne me souviens pas m’être tordu la cheville.

Mon épouse me regarde et se met à rire devant ma mine ahurie. Personnellement, vu la douleur assez aiguë, je n’ai pas spécialement envie de rire, d’autant que je suis intrigué !

Je constate, en voulant me masser la cheville, que mon ongle du petit doigt du pied gauche est retourné et en grande partie arraché. Brrr !

Je commence à me relever et je m’aperçois qu’un sac à main se trouve au milieu du passage. Je tiens mon explication.






En voulant prendre le livre j’ai cogné dans la poutre, mais comme, dans le même temps, j’ai essayé de m’arrêter, j’ai posé le pied sur le sac et j’ai glissé, tombant comme une masse, sur le dos
Mon pied gauche, qui ne se trouvait pas sur le sol est allé buter contre la barre en bois reliant le pied-de-lit à la tête-de-lit. Tout s’explique à présent.

Vous voyez bien que le fait de cogner contre une poutre peut faire terriblement mal au pied et qu’on peut en déduire que l’amour de la lecture nuit à la santé !

samedi 23 mars 2013

21 mars 2013. A une âme discrète


Il est des âmes discrètes qui se plaisent dans l’ombre des portes cochères, abhorrant la lumière trop vive d’un soleil estival.
Sitôt que vous vous approchez, elles vous évitent comme on fuirait la bise glaciale des monts septentrionaux.
Vous vous pensiez bise légère et vous vous découvrez funeste aquilon.


La porte était close. Une porte marron, dont on pouvait compter les nervures du bois à force de subir les caprices des vents, des ondées et des feux héliaques.
Close depuis des mois.

Comme on ne prêtait pas trop attention à cette discrète personne, nul ne se souciait plus vraiment de cette porte close, pas plus qu’on ne prêtait l’oreille au bruit de la fontaine gargouillant sur la place.

Pourtant, l’âme discrète ne fuyait plus les regards, s’excusant presque d’être là à partager le même air que les autres, de paraître devant des êtres qu’elle supposait de condition meilleure.



Les gens sont étranges, n’est-ce pas ? Certains se croient inférieurs et d’autres, à l’inverse, parce que leur compte en banque a grossi, qu’ils mènent grand train, - et souvent à grand crédit -, ou parce qu’ils ont obtenu un titre ronflant de “chef” de quelque chose, ou encore parce qu’ils sont avocats, médecins, dentistes, ou autres formes de notabilité supposée, ces gens se croient soudainement sortis de la cuisse de Jupiter.

Ils viennent pourtant au monde selon le même mode que les autres, à savoir la course frénétique de centaines de millions de spermatozoïdes vers un ovule à féconder. Neuf mois de gestation et un accouchement par d’autres voies que la cuisse. Et encore moins celle de Jupiter.

Souvent, d’ailleurs, ces notables sont issus de maisons où leurs parents se tenaient à l’encoignure, regardant vers l’horizon, avec des rêves de grandeur pour leurs enfants. Tout aussi souvent, les enfants, parvenus à l’Olympe régional, mépriseront les lieux et ceux dont ils sont issus.


Un fils de Jupiter croqué par Honoré Daumier

La porte était close, et pour cause.
Un jour de printemps, le premier, s’il m’en souvient, lorsque l’hiver descend toujours des monts enneigés sur les ailes d’une brise sournoise, en dépit du soleil promettant les fleurs et la douceur, le bourdon lugubre résonne sur le village.
L’église ne s’emplit que de quelques dizaines d’amis, ceux pour qui la mémoire n’est pas un inutile accessoire et pour qui le village représente plus qu’une agglomération d’individualités.

Ceux qui ont la faiblesse de croire qu’ils ne sont rien de mieux qu’un futur tas d’os dans une tombe. Des os tout aussi semblables à ceux et celles qui se tenaient dans l’ombre d’une porte. L’ombre qui attend tous ceux qui se pavanent dans la lumière en exhibant un luxe inutile en terre humide et glaiseuse.

Ceux-là, oublieux des amis avec qui ils jouaient jadis, sont demeurés chez eux, laissant le froid s’insinuer dans l’église aux trois-quarts vide. Peut-être feront-ils l’aumône d’une carte de condoléances, utile pour chasser l’ombre d’un remords.

Il est des âmes discrètes.

lundi 18 mars 2013

Présentation

Un blog de plus sur les arts et l'actualité.

Des coups de cœur ou de gueule.

Des coups de blues, des coups de mou.

Toujours mieux que de zyeuter l'actu alité,

Ou de demeurer silencieux et veule.

Des aubes grises et des récits flous .

Billets d'humeur et d'humour.

Antiques rumeurs et vieux amours.

Qui va lire ça ? Peut-être vous...